Pourquoi cette famille d’instruments fascine-t-elle tant ? Son timbre hypnotique, sa rareté initiale et l’aura autour de PANArt créent une curiosité immédiate. Ce guide pose le cadre pour comprendre cette genèse.
Définition simple : un instrument en acier accordé, joué aux mains, à mi-chemin entre percussion et harmonie. Sa voix riche en harmoniques invite à la méditation et à la création musicale.
Nous retracerons les racines caribéennes (steelpan à Trinidad & Tobago), la création du Hang à Berne en 2000 par Felix Rohner et Sabina Schärer après l’idée de Reto Weber, puis la montée en visibilité via YouTube dès 2005.
Les noms prêtent souvent à confusion : Hang (marque PANArt) vs terme générique handpan, ainsi que pantam, « Hang drum » ou « UFO drum ». Ces appellations coexistent pour des raisons historiques et commerciales.
Parmi les acteurs clés figurent Felix Rohner, Sabina Schärer, Reto Weber, Ellie Mannette et la controverse liée à Anthony Achong. Cet article vous aidera à situer cet instrument dans la musique du XXe et XXIe siècles.
Enfin, on évoquera l’évolution moderne : plus de notes, nouvelles dispositions, alliages améliorés et méthodes anti-corrosion qui accompagnent le développement de ce nouvel instrument.
Pour un complément détaillé, en savoir plus sur l’origine.
Comprendre le handpan instrument : un nouvel instrument entre percussion et harmonie
Cet instrument surprend par sa combinaison unique de rythme et de mélodie.
De quoi il est fait : il se compose de deux coques convexes assemblées. La surface supérieure porte des champs de notes martelés et accordés. La chambre interne projette le son et crée la richesse harmonique.
L’acier permet un accordage très fin. Il assure la stabilité des harmoniques et une grande sensibilité au toucher, même léger.
Le rôle du ding et du gu
Le ding est la note centrale, souvent la fondamentale. Elle sert de repère sonore et organise la disposition des autres notes.
Le gu (ou port) est l’ouverture sous la coque. Il module la résonance de type Helmholtz et peut être utilisé comme un petit tambour lorsqu’on retourne l’instrument.
Jouer à deux mains et improviser
Le jeu alterne mains et doigts, avec frappes contrôlées, rebonds et articulation. La posture (sur genoux ou support) change la résonance.
Chaque set est accordé sur une seule gamme cohérente. Cela permet aux musiciens d’improviser facilement sans théorie lourde, tout en gardant la possibilité d’accompagner d’autres instruments.
- Place entre percussion et harmonie : on crée des rythmes et des lignes mélodiques.
- Comprendre les intervalles aide à composer plus finement.
| Élément | Fonction | Impact sonore |
|---|---|---|
| Coques en acier | Structure & chambre | Projection, harmoniques stables |
| Ding | Note centrale | Référence tonale, fondamentale |
| Gu (port) | Respiration | Résonance Helmholtz, effet percussif |
Pour une lecture plus approfondie sur l’origine et le contexte, consultez cet article.
Des origines du steelpan à Trinidad à l’inspiration des autres instruments
À Trinidad, la transformation de fûts en véritables tambours mélodiques a lancé une révolution sonore.
Steel drums, steel pans et tambours : naissance au XXe siècle
Au début du XXe siècle, des barils métalliques récupérés sont devenus des surfaces accordées. Ces steel pans, parfois appelés steel drums ou simplement pan, ont posé les bases d’un nouvel instrument musique.

Le vocabulaire importe : « steel drums » souligne l’origine percussive, « steel pans » met l’accent sur les champs de notes. Ce lexique aide à comprendre la filiation technique et culturelle.
Ellie Mannette et la maturation des méthodes d’accordage
Ellie Mannette a cherché à rendre le pan jouable mélodiquement. Dans les années 1950-60, il a amélioré l’accordage pour stabiliser la fondamentale.
Puis, dans les années 1960, l’octave est devenue une cible d’accordage. L’ajout de la quinte complète ensuite la signature sonore moderne.
Le rapport harmonique et la richesse du timbre
La « magie » tient souvent au rapport 1:2:3 — fondamentale, octave et un partiel proche de la quinte.
Ce schéma rend le timbre chaud, stable et facilement lisible à l’oreille. Les notes se superposent sans créer de dissonance confuse.
Influences du monde : gongs, gamelan et la forme en dôme
Les constructeurs ont regardé vers l’Asie : gongs et gamelan offrent des dômes centraux qui contrôlent les partiels.
Cette forme en coupole a inspiré le développement d’objets en acier accordé avec champs de notes, ouvrant la voie à de nouvelles esthétiques sonores.
- Origines caribéennes : barils → steel pans.
- Techniques : fondamentale → octave → quinte.
- Influences : gongs, gamelan, forme en dôme.
La création du Hang chez PANArt : Felix Rohner, Sabina Schärer et l’idée de Reto Weber
Une succession d’expériences et d’essais sonores à Berne a mené à une invention singulière en 2000.
De 1976 aux années 1990, felix rohner explore le steelpan et commence la transformation artisanale en atelier. Sabina Schärer rejoint le projet et structure la recherche autour de prototypes et d’accordages répétés.
De 1976 à PANArt : du steelpan à la recherche d’un jeu à la main
La volonté était claire : créer un instrument pensé pour les mains plutôt que pour les baguettes. Les tests visaient une attaque douce, une dynamique fine et une grande sensibilité tactile.
Le déclic avec le ghatam : mélanger pot sonore et pan en métal
Fin 1999, reto weber propose l’idée d’un ghatam en métal doté de notes. Ce concept unit la résonance d’un pot sonore à la précision d’un acier accordé.
Pang et acier nitruré : matériau, mise en forme et prototypes
Le choix du Pang, un acier nitruré, change la réponse vibratoire. Il apporte résistance et stabilité d’accordage.
La mise en forme passe par le martelage, la création de champs de notes et de tests acoustiques. Les essais aboutissent à plusieurs modèles avant la forme définitive.
Berne, année 2000 : naissance du Hang et présentation au Musikmesse
Le premier exemplaire voit le jour à Berne en 2000. L’année suivante, la présentation au Musikmesse de Francfort offre une visibilité internationale.
En résumé, felix rohner et sabina schärer, poussés par une idée venue de reto weber, fusionnent savoir-faire et matériaux innovants pour créer cet instrument devenu emblématique.
| Élément | Date clé | Rôle | Impact |
|---|---|---|---|
| Découverte steelpan (felix rohner) | 1976 | Inspiration | Lancement des recherches artisanales |
| Développement atelier (Sabina Schärer) | années 1990 | Prototypes & accordages | Structure et tests répétés |
| Proposition ghatam (reto weber) | fin 1999 | Concept | Mélange pot sonore + notes |
| Pang (acier nitruré) & lancement | 2000–2001 | Matériau & présentation | Stabilité, visibilité internationale |
Pour approfondir ce chapitre, en savoir plus sur la genèse et la diffusion.
Origine du handpan : histoire, PanArt et évolution de l’instrument
La première vague sortie entre 2001 et 2005 a posé des règles claires : environ 45 modèles sonores, souvent conçus avec huit notes organisées autour de la note centrale.
Cette architecture offre une gamme homogène, facile à improviser. Elle favorise une musicalité accessible, tout en proposant des timbres variés selon le modèle.

Réseau de distribution et popularité
Au départ, la vente passait par des distributeurs sélectionnés. Ce choix contrôlé a aidé à diffuser l’objet hors de Suisse tout en gardant une image artisanale.
Puis, dès 2005, des vidéos en ligne ont déclenché une vague d’intérêt. La popularité a bondi : des musiciens publicaient des performances virales et le monde a pris connaissance de ces sons.
Rareté, marché et copies
Face à la demande, la stratégie de rareté s’est accentuée : lettre manuscrite, délais longs et achat parfois requis sur place à Berne.
La production volontairement limitée a fait monter les prix et incité d’autres fabricants à proposer des alternatives. Le terme générique s’est ainsi diffusé pour désigner les instruments non-PANArt.
Le débat sur la nature de l’objet
« Il s’agit d’un steelpan modifié pour le jeu à la main »
PANArt, pour sa part, défend une architecture et un accordage propres. Le conflit oppose une lecture technique à une lecture culturelle du phénomène.
En somme, l’histoire de cet instrument combine innovations d’accordage et décisions commerciales. Celles-ci ont façonné la scène mondiale, la demande et le vocabulaire aujourd’hui utilisés.
Hang, handpan, pantam, UFO drum : histoire des noms et de leur usage aujourd’hui
Une tension entre marque déposée et création collective a poussé à inventer un terme générique. En 2007, Kyle Cox propose « handpan » pour nommer les instruments semblables au Hang, quand « Hang » reste la marque protégée.
Contexte 2007 : la production par d’autres fabricants se multiplie. Le nouveau terme permet aux fabricants et aux communautés d’échanger sans utiliser une marque déposée.

Le mot pantam vient de la fusion pan + ghatam. Il insiste sur l’ambition sonore : métal accordé avec un esprit de pot percussif. Certains constructeurs préfèrent ce nom pour souligner cette hybridation.
« Hang drum » et « tambour » restent courants dans le langage populaire. Techniquement, il s’agit d’un idiophone, pas d’un membranophone ; l’appellation populaire persiste faute d’un vocabulaire simple pour le public.
« Handpan = terme générique; Hang = marque; pantam = variante choisie par quelques artisans. »
| Nom | Signification | Usage courant |
|---|---|---|
| Hang | Marque d’origine | Usage historique et légal limité |
| handpan | Terme générique (2007) | Employé par fabricants et communauté |
| pantam | Pan + ghatam (hybride) | Préféré par quelques artisans |
| UFO drum | Surnom descriptif | Usage informel sur réseaux |
Repère pratique : pour informer un débutant, utilisez « handpan » puis précisez « Hang » si vous parlez de la marque. Pour plus d’informations sur la classification et l’achat, consultez la fiche hang drum instrument.
Après PANArt : fin de production, explosion des fabricants et évolution des modèles
L’arrêt progressif du Hang a servi de déclencheur à une diversification mondiale des ateliers. PANArt s’est recentré sur d’autres créations comme le Gubal, le Gudu ou le HangBal, et sur des cordes Pang.
La conséquence fut immédiate : la disponibilité a chuté, puis la demande a poussé l’apparition de nombreux fabricants. Cette transition a transformé un marché rare en un écosystème plus dense.
Ce qui change aujourd’hui : plus de notes, de nouvelles dispositions et une meilleure stabilité d’accord. Les modèles se spécialisent pour la scène, la méditation ou l’enregistrement. Les « tons d’épaule » (shoulder tones) enrichissent l’harmonie et améliorent la projection.

« La fin d’une production marque souvent le début d’une innovation collective. »
| Aspect | Avant (Hang) | Après (fabricants) | Impact |
|---|---|---|---|
| Notes | 8-9 notes fréquentes | 10–12+ options | Plus de tessitures et couleurs |
| Accord | Pang nitruré | Alliages et traitements variés | Meilleure résistance à la rouille, compromis sur la tenue |
| Fonctions | Méditation, studio | Scène, performance, méditation | Usage diversifié |
| Qualité | Contrôle artisanal strict | Variable selon atelier | Importance cruciale du bon accordage |
La qualité d’accordage reste déterminante pour la tenue des harmoniques et l’absence de battements. Les ateliers sérieux offrent stabilité et réglages durables.
Pour suivre cette transformation et mieux comprendre les acteurs actuels, consultez le dossier complet.
Conclusion
Rassemblons les étapes clés : une filiation depuis le steelpan de Trinidad jusqu’à la création du Hang à Berne, puis une diffusion mondiale amplifiée par YouTube.
Technique : deux coques en acier, un ding central et un gu pour la résonance créent un accordage riche en harmoniques. Cette architecture rend l’usage accessible et expressif.
Culturellement, la viralité en ligne a transformé la rareté organisée en une demande globale. Le terme handpan sert désormais d’expression générique, tandis que le nom Hang reste associé à la marque d’origine.
Aujourd’hui, la scène compte de nombreux fabricants, des modèles plus riches en notes et des traitements anti-corrosion. Pour approfondir, consultez cet article détaillé.

